À vos marques, prêts, vivez!


Par Laure Devaux Allisson, pasteure

À vos marques, prêts, c’est la rentrée ! Et c’est déjà la course ! Reprise du travail, reprise de l’école, cahiers à recouvrir, séance des parents à l’école, séance des parents au KT, activités à planifier, fêtes de famille à honorer, sans compter tout ce qu’il y a déjà à rattraper !

Et cette impression d’avoir entamé un marathon par le sprint final…

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Doux coucher


Par Laure Devaux Allisson, pasteure

Votre moment préféré de la journée, c’est lequel? Pour ma part, il y en a un que j’affectionne tout particulièrement: c’est le temps du coucher.
Aussi loin que je me rappelle, je l’ai toujours apprécié, ce moment. Quand j’étais enfant, je me sentais tellement protégée sous les plumes, sous mon duvet.

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Après


Par Marco Pedroli, pasteur

Après, lorsque que la pandémie sera vaincue. Après, lorsqu’on cherchera à retrouver une normalité et à vivre.

Comment faire, pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs, pour ne pas céder à une course effrénée en avant, où nous ne sommes préoccupés que par la consommation et les voyages, au détriment des pauvres et du climat. Comment faire pour ne pas foncer contre un mur, sanitaire, climatique ou social. Comment faire pour repartir sur des bases saines et équitables pour tous ?

Au fil des jours, de nombreuses personnalités s’expriment et proposent des solutions pour un monde plus juste, plus vert, plus social et vivable. Pour qu’on n’oublie pas le climat, ni les oiseaux et la biodiversité, ni les pauvres. Ils adressent des lettres aux puissants de ce monde, font des démarches et proposent des manifestations. Et c’est bien ainsi.

Parmi ces réflexions et ces démarches il y a eu celles d’Edgar Morin, de Paolo Giordano, de Nicolas Hulot, puis en Suisse l’appel du 4 mai et aussi la lettre du réseaux AVAAZ aux responsables européens. Il y en a d’autres encore.

Pourtant j’ai l’impression que ceux qui nous dirigent n’ont pas d’autres idées que de recommencer comme avant. Pour que le commerce marche, que l’industrie tourne à plein régime, que les touristes viennent et dépensent. Ils agissent sans penser que le virus n’est qu’une alerte parmi d’autres et que la vie d’avant comporte des risques bien plus grands encore que le virus. C’est comme si la peur du changement leur coupait les ailes de l’imagination et les poussait à figer ce qui était.

Les déclarations, les lettres, les manifestations, les démarches auprès des autorités ont bien sûr leur importance, mais elles restent comme de beaux principes suspendus en l’air. Pour leur donner corps et plus de crédibilité il importe que chacun, chacune fasse de petits changements dans sa vie, de petits engagements personnels. Par exemple :

  • Consommer local, acheter en proximité
  • Consommer les fruits et les légumes de la saison
  • Être attentif aux autres et à leur souffrance
  • Prendre du temps, sinon pour prier, au moins pour méditer et réfléchir
  • Vivre selon la maxime de Kant : « Agis de telle sorte que chacun puisse aussi agir ainsi. »
  • Renoncer à prendre l’avion
  • Ne pas craindre le pire, mais être préparé

À chacun de découvrir, d’inventer, des gestes et des actions simples qui amènent un petit changement dans son et notre « univers » personnel ou/et collectif. C’est en vivant nous-mêmes ces changements dans notre quotidien que nous sommes le plus crédible, et sans doute aussi le plus efficaces.

Le covid-19 n’est pas tombé du ciel. Il n‘est pas envoyé par Dieu pour punir les humains ou pour leur envoyer un signe. Ce virus nous rappelle que nos vies sont fragiles et passagères et que nous dépendons tous les uns des autres. N’oublions pas que Dieu était présent avant la pandémie, qu’il l’est pendant la crise et après aussi, lorsque nous chercherons à retrouver des repères pour nous reconstruire. Dieu nous accompagne et nous éclaire tout au long de notre chemin.


Lettre à mon ado


Par Laure Devaux Allisson, pasteure

Ma Fille Chérie,

Hier soir, je t’ai écrit une lettre – oui, oui une lettre! Tu pourras même l’écouter sur ton téléphone! Une lettre un peu longue, mais ne t’inquiète pas, elle ne fait quand même pas 18 pages recto-verso comme celle de Rachel dans Friends...

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Pour toi, chère maman


Quelques lignes de la plume d'Aurore Oppliger pour la journée de la Fête des Mères.

Pour votre maman... où qu'elle soit maintenant...

En hommage à toutes les mamans
Aujourd'hui, et chaque jour de l'an

On ne devient pas tous parents
On ne devient pas toutes "maman"…

Mais une chose est claire
On est similaire :

Chacun de nous a une maman
À proximité, environnant

Parfois, un peu éloignée
Ou qui nous a quittés…

Une maman bien présente
Une maman fort absente…

Mais une maman, … où qu'elle soit !
Même une maman, qu'on n’voit pas !

On garde tous de doux souvenirs
De cette maman, qu'on aime chérir

Ces mamans qui nous ont bercés,
Celles qui nous ont cajolés

Celles qui chantaient pour nous endormir,
On fermait les yeux, sous leur sourire

Celles qui nous ont appris
Les premières choses d’la vie :

Comment marcher en s’aidant des murs ?
Comment lacer ses plus belles chaussures ?

Comment tenir son long crayon?
Elles répondaient à nos questions…

Celles qui nous ont langés, consolés
Celles qui nous ont soignés, sermonnés

Et celles qui nous ont appris à prier
Ce que beaucoup ont vite fait d’oublier…

Puis, un jour, arrive la vie active,
Où les mamans deviennent plus passives

Elles nous laissent voler de nos propres ailes,
En sachant que nous aurons besoin d'elles …

Comment faire cette délicieuse recette?
Comment laver nos plus belles chaussettes?                                                   

Et réparer cette fermeture-éclair??
Google, c’est sûr, ne sais pas le faire!!!

Maman, révèle-moi ton fameux secret
Pour réussir tes délicieux bricelets !

Les mamans ne sont jamais très loin
Elles savent, que d'elles, on aura besoin

Puis un jour s'installe tout gentiment
L’âge… , la maladie furtivement

Vient alors une inversion des rôles
Et là, c'est nettement moins drôle

Au maximum, on essaie d'être présent
Pour entourer, veiller sa maman

On l'aide à lacer ses souliers
On lui donne le bras pour marcher

À nous de la soigner
À nous de la guider

On l'accompagne dans la maladie
On souffre aussi de la voir meurtrie

On ne peut rien y faire…
Et on regarde en arrière :

On se souvient alors
De ses nombreux trésors

Et soudain, par miracle,
Sans plus aucun obstacle,

Beaucoup retrouvent la prière
Apprise jadis de leur mère… !!

 

 

À toutes ces mamans qui comblent nos journées
À toutes ces mamans bien trop vite enlevées

Même si cette année, on n’peut vous serrer
Cette journée est là pour vous remercier

Du fond du cœur, on vous embrasse
Même qu’entre nous, il y a d’l’espace…

Bonne fête aux mamans du monde entier
Merci pour ces moments à nos/vos côtés

Passez une belle journée du mois de mai
Laissez-vous choyer, laissez-vous aimer

 

La Ferrière, Fête des Mères 2020


Lèche-vitrine


Par Laure Devaux Allisson, pasteure

Il pleut, il tonne, il fait cru ce soir, mais c’est pourtant le sourire aux lèvres que je livre ici ces quelques pensées.

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous chez le coiffeur. Après avoir essuyé la poussière de mes coquettes chaussures remisées depuis bien trop longtemps, je suis montée dans ma voiture, direction la ville.

Comme j’étais bien en avance, j’en ai profité pour flâner un peu. Ayant vécu ces dernières semaines dans ma bulle, à la campagne, entre promenades en gros godillots sur des chemins caillouteux ou dans les pâturages, j’ai pris, je l’avoue un certain plaisir à entendre mes jolies chaussures claquer sur le bitume.

Mes chaussures et moi avons pris le temps de nous arrêter devant les vitrines dans la ville, celles des boutiques de livres, de décoration, de cadeaux, de chaussures évidemment.

Ces vitrines m’ont vendu du rêve. Oh, pas tellement à cause des articles exposés, mais plutôt parce qu’aujourd’hui, les vitrines étaient animées!

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La poésie d'Aurore Oppliger

Aurore Oppliger, épouse, maman, agricultrice à la Ferrière, est très engagée dans la vie des paroisses de l'Erguël. Elle prend sa plume chaque soir pour poser des mots simples, des mots justes, des mots qui touchent sur la situation actuelle.

La Ferrière, le 30 avril 2020

« Confinement », mot courant,
À la mode et dans l’vent !

Au fil des jours, avec impatience,
C’est les discours, les Conférences :

Celles des Autorités, réunies au Palais,
Celle de notre Conseiller, Ministre Berset

Alors que l’virus poursuivait sa montée,
Des règles supprimaient nos libertés

Et tout ça : « Aussi vite que possible »
C’était presque incompréhensible !

Suspendus aux lèvres de Daniel Koch,
Son rendu relate notre futur proche

On constate depuis notre sofa,
On « zappe », mais il n’y a que ça !

On admire nos meubles sans poussière,
On pense déjà à 1000 choses à faire ! 

Et au fil des semaines, on s’est habitué,
Avec un peu d’peine, à être confiné

On se demande si ça va durer ?
Si l’on n’est pas en train de rêver ?

Et on a pris le temps dans cette solitude
De prier pour nos inquiétudes

« Dé-confinement », mot courant
À la mode depuis quelques temps

Au fil des jours, tantôt fatigués
Que c’est lourd, les infos d’la TV !

Celles au niveau mondial, Fédéral,
Comme celles régionales ou locales

Alors que l’virus amorce une descente,
Les règles deviennent plus clémentes

Mais tout ça : « Aussi lentement que nécessaire »
Car « Corona », c’n’est pas une mince affaire !

Suspendus aux lèvres de Berset,
On écoute anxieusement les projets

En constatant l’élégance de Simonetta,
On prend conscience de c’que fait Corona !

On admire Koch et sa sérénité,
Quel est l’avenir malgré l’actualité ?

Et au fil des semaines, on s’est habitué,
Sans aucune peine, à nos belles journées

Et on se demande si on est prêt,
À retourner dans ce Monde d’après…

Il est temps de prendre le temps,
De trier c’qui est important !!


Qu'avez-vous appris pendant le confinement?


Par Florence Ramoni, catéchète professionnelle dans l'Erguël

Si vous êtes sur les réseaux sociaux, vous avez certainement dû voir passer beaucoup de « memes » sur le confinement. Vous savez, ces petits dessins humoristiques, ces gags qu’on voit passer par centaines. Eh bien, l’autre jour, je suis tombée sur un qui m’a fait rire : je vous l’explique.

Imaginez une salle d’entreprise avec la responsable des ressources humaines qui tient un Curriculum Vitae dans les mains et qui demande :

« Qu’avez-vous appris pendant le confinement ? »

La personne en face a la tête plongée dans une théière et réussit, probablement en soufflant, à envoyer le thé directement dans une tasse une bonne vingtaine de centimètres plus loin.

Et si je dis que ça m’a fait rire au premier abord, je dirais qu’ensuite ça m’a fait rire…un peu jaune.

Qu’ai-je appris ? Ou plutôt qu’ai-je fait de ce temps de confinement qui m’est imparti et néanmoins compté ! (Comme disait François Silvant.)

Personnellement, j’ai beaucoup joué ! j’aime bien ça et je fais partie d’une équipe qui, avant les restrictions, se retrouvait chaque semaine pour faire des jeux de société. Donc, j’ai joué… avec mon mari et mes ados, un peu, et en ligne beaucoup ! J’ai découvert de nouveaux jeux mais j’ai surtout gardé le lien avec des proches éloignés, repris contact avec une amie chère que je ne vois pas aussi souvent que je le voudrais. J’ai aussi imaginé un stratagème par conférence téléphoniques et photos envoyées par message pour jouer malgré tout avec des amis du barajeux.

Va-t-on me le reprocher ?
Ai-je mis en péril mon avenir professionnel parce que j’ai choisi de jouer et de ne pas apprendre le mandarin ou maîtriser telle ou telle nouvelle compétence qui serait utile pour un de mes employeurs ?

Et ça m’a fait penser à un texte biblique : la parabole des talents dans l’évangile de Matthieu. Si vous ne la connaissez pas, je vous la raconte en gros.

Un maître part et confie ses biens à trois serviteurs. Le premier reçoit 5 talents (des sous), le second 2 et le dernier un seul. Lorsque le maître revient, il demande des comptes à ses trois serviteurs. Le premier a fait fructifier le bien et peut rendre les 5 talents et 5 de plus. Pareil pour le second qui rend 2 plus 2 talents. Le maître est content et offre aux deux premiers serviteurs la somme et le bénéfice. Le dernier serviteur… n’a rien fait : il a eu peur de son maître qui est exigent et cruel et qui récupère ce qu’il n’a pas semé. Le serviteur a juste caché la pièce et la retourne telle quelle à son maître sans perte ni profit. Fâché le maître renvoie ce mauvais serviteur à ses propos « puisque tu dis que je suis cruel, tu aurais dû mieux faire » et lui prend la pièce pour la donner à celui qui en avait déjà 10. Fin de la parabole.

Me voilà donc mal barrée avec mon apprentissage de confinement : des jeux de société !

Toutefois, dans les explications de cette parabole, il est dit que le 3e serviteur est traité selon la façon dont il perçoit son maître, à savoir un maître cruel.
Alors si je perçois mon employeur ou mon maître favorisant uniquement le profit et le rendement, j’ai du souci à me faire.

Par contre, si je peux choisir la vision que j’ai de mon maître, je prends celui qui privilégie l’amitié, le partage, la curiosité, l’humour et la créativité. Et c’est un monde plus solidaire et moins compétitif que j’aimerais trouver à la sortie… et vous ?

Allez, je vous laisse, j’ai une partie en vue !


Adieu ma bulle


Par Laure Devaux Allisson, pasteure

Écouter "Adieu ma bulle"

Journée pluvieuse et frisquette, lovée dans mon fauteuil préféré comme dans une bulle, je pense à ces dernières semaines passées à la maison… quelques pensées personnelles, livrées ici sans filtre ni artifice.

Depuis le début de la crise, je vis dans une bulle. Je me considère comme une confinée privilégiée: je ne suis pas une personne dite “à risque”, mes proches non plus. J’habite à la campagne, la forêt est juste à côté, il a fait beau temps pendant six semaines, mes deux enfants scolarisés se sont mis volontiers au travail pour l’école, les deux plus jeunes sont plutôt sympas!

Mon mari a aussi dû rester à la maison dès le début. Et moi, travailler à domicile, je connais! Pour nous, ça a été facile.

Dans ma bulle, il y a de l’espace pour travailler. Mes mandats de coordinatrice et en catéchèse ont impliqué de très vite réorganiser, annuler – ça, ça a a été difficile, repenser, informer, mettre en lien. J’ai clairement fait exploser mon temps de travail les premières semaines, mais il n’y a pas de souci pour moi, cela fait partie du job. Et je dois l’avouer, j’aime bien!
Dans cette émulation partagée en équipe a émergé un festival d’idées, de créativité pour finalement aboutir à des projets dont je vous parlerai dans un prochain billet. ça, j’aime beaucoup!

Dans ma bulle, il y a eu plus de volume de travail, mais franchement moins de stress que d’habitude! Et ça, ça m’interpelle…

Dans ma bulle, on fait les fous, on rigole, on se raconte plein de trucs bêtes ou super sérieux, on découvre des séries sur Netflix, on fait plein de balades, on fait du jardin, on bricole, on construit des hôtels à insectes.
Et dans ma bulle, on sait dire merci. On est très reconnaissant pour les moments privilégiés partagés en famille. Bien sûr, il y a à peu près toujours un enfant sur les quatre qui nous tend les nerfs et on a par précaution mis des matelas sous les fenêtres… mais non, je rigole!!!

Dans ma bulle, pour la première fois de ma vie de maman, je partage tous les repas du soir en famille. Je ne suis pas à une séance pour le boulot ou à une répétition de chant. Je savoure la désormais rituelle lecture du soir de la saga de Harry Potter. Et j’aime ça!
Pour la première fois de ma vie de maman pasteure, je l’ai trouvé, le fameux équilibre entre vie privée et vie professionnelle! Dans la quiétude de ma bulle, connectée à l’enthousiasme du monde extérieur.

Dans ma bulle, il y a aussi de l’espace pour toutes les couleurs, pour être triste parfois, pour s’ennuyer, pour ne rien faire, pour réfléchir, pour rêver.

Et dans ma bulle, il y a de l’espace pour créer. Ce blog, ça fait quatre ans que j’y pense, que j’ai envie d’y donner vie. Et tout à coup, c’est possible: il n’y a plus le complexe d’être à la hauteur, il n’y a plus de question de légitimité. Je me lance. Et j’aime!

Pourtant, ma belle, ma tendre bulle, je dois la quitter. Et je n’ai pas envie. Je sais bien que la vie se joue à l’extérieur aussi. Mais je ne veux pas…

Et j’ai un peu peur… Peur de sortir et que tout soit comme avant, peur d’être aspirée de nouveau dans le tourbillon de mes habitudes et de mes obligations. Peur de perdre le précaire équilibre découvert et tant aimé.

Ma bulle, je savoure encore quelques instants ta douceur et ta chaleur. Je profite de tes derniers rayons de magie et de possible.
Adieu ma bulle.


Dis-leur qu'ils avancent!


Méditation par Serge Médebielle, pasteur dans les paroisses de La Ferrière et Renan et dans la région de l'Erguël

Moïse dit au peuple : « N’ayez pas peur. Attendez et voyez la délivrance que Dieu vous montrera aujourd’hui. Car si vous avez vu l’Égypte en ce jour, vous ne les reverrez plus jamais. Dieu combattra pour vous et vous, demeurerez silencieux. ». Dieu dit à Moïse : « Pourquoi M’implores-tu ? Dis aux Enfants d’Israël qu’ils avancent. »

(Exode 14, 13-15).

Nous connaissons tous ce sentiment : on se lève un matin, et on se rend compte que le monde n’est pas tel qu’on le voudrait.

C’est certes une expérience courante, mais les gens sont différents et réagissent différemment.

L’un s’embarquera dans une croisade chevaleresque pour changer le monde. L’autre considèrera que le monde est perdu et se retirera derrière les murs protecteurs qu’il construira pour lui-même et pour ceux qu’il aime. Un troisième aura une approche pragmatique, acceptant le monde tel qu’il est et faisant de son mieux compte tenu des circonstances. Un quatrième reconnaîtra son incapacité à affronter la situation et cherchera un pouvoir qui lui apportera direction et assistance.

Le but déclaré de l’Exode, ainsi que Dieu l’avait dit à Moïse, était : « Quand tu feras sortir cette nation d’Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. ».

La sortie de l’esclavage était orientée vers le Don et la Réception de la Parole au Sinaï.

Mais soudain, voilà que la mer se tenait devant eux et les armées du Pharaon se rapprochaient derrière eux. Commencement de la fin ? Echec ?

Comment réagirent-ils ?

Le Midrash (commentaire hébraïque) nous relate que les Hébreux se divisèrent en quatre camps.

Il y eut ceux qui s’écrièrent « Jetons-nous à la mer » ; un autre groupe dit « Retournons en Égypte » ; un troisième argua « Livrons bataille contre les Égyptiens » ; finalement, une quatrième faction proposa : « Prions Dieu. ».

Pourtant, Moïse rejeta toutes ces quatre options, disant au Peuple : « N’ayez crainte, attendez et vous verrez la délivrance de Dieu qu’Il vous montrera aujourd’hui. Car tout comme vous avez vu l’Égypte aujourd’hui, vous ne la reverrez plus jamais. Dieu combattra pour vous, et vous, restez silencieux. » (Exode 14,13)

« N’ayez crainte, attendez et vous verrez la délivrance de Dieu », explique le Midrash, était la réponse de Moïse à ceux qui désespéraient devant la menace égyptienne et voulaient se jeter à la mer.

« Tout comme vous avez quitté l’Égypte aujourd’hui, vous ne la reverrez jamais » s’adressait à ceux qui voulaient capituler et retourner en Égypte.

« Dieu combattra pour vous » était destiné à ceux qui proposaient de combattre les Égyptiens.

Enfin, « et vous, restez silencieux » était la réponse de Moïse à ceux qui disaient : « Tout cela nous dépasse. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prier. »

Et la réponse de Dieu ?

« Dis aux Enfants d’Israël, dit Dieu à Moïse au verset suivant, qu’ils avancent ».

De fait, chacune des quatre approches a sa valeur et sa légitimité. Mais elles ont en commun d’être trop humaines, naturelles.

Cependant, quand le croyant se dirige vers son Sinaï ou Don de la Parole divine et rencontre un monde hostile ou indifférent, sa réponse essentielle doit être d’avancer.

Avancer (et non pas se jeter) alors que tout s’y oppose est de l’ordre du « sur-naturel » et constitue le véritable socle de la foi.

« Lève-toi et marche ! » dira plus tard l’homme de Nazareth.


Libérés de la loi


Par Marco Pedroli, pasteur

Nous sommes confinés. Isolés. Seuls, à deux ou en famille, chez nous, chacun pour soi. Nous savons ce que nous devons faire, nous laver les mains, mettre du désinfectant, sortir masqués, garder des distances avec les autres, ne pas voir ni nos parents, ni nos enfants, ne pas faire de courses, ni aller au restaurant, bref, rester pour nous seuls. En attendant des temps meilleurs, la victoire sur le virus, la fin du confinement, l’arrivée d’un vaccin ou d’une bonne thérapie…

Maintenant, tout est simple, nous savons ce que nous pouvons faire, ce que nous devons faire, ce qu’il nous est interdit de faire, nous savons même quelle punition nous attend si nous désobéissons : la maladie ou même la mort.

Lorsque le confinement sera terminé, la vie sera plus compliquée. Bien sûr nous aurons le droit de sortir, de saluer de près, faire des courses, bref, la vie redeviendra normale. Les obligations seront abolies, la loi sera abolie, nous vivrons sous le règne de la grâce et de la liberté. Sauf que nous ne saurons plus quoi faire pour bien faire et nous protéger de ce méchant virus. Nous serons livrés à nous-même pour organiser notre vie, décider le risque que nous voulons prendre ou faire prendre à d’autres, ou si nous voulons encore rester confinés volontaires à la maison. Et surtout, nous ne saurons pas comment être avec ceux que nous aimons : toucher, parler, bisou, santé. Se dire je t’aime sans se transmettre le mal.

Notre approche de la religion et de la spiritualité obéit à des règles semblables :

  • Lorsque la vie religieuse est régie par des lois, des rites et des obligations, c’est facile. Le cadre permet d’affirmer une identité religieuse. Il permet de se situer, de dire voilà, je suis dedans, je fais partie de la communauté. Bien sûr il arrive je désobéisse aux lois et aux règles. Je fais une faute, je m’exclus. Mais si je le regrette, je peux confesser mon erreur, me repentir et retourner dans communauté.
  • Par contre, si ma foi est basée sur la liberté et la responsabilité et qu’elle se vit dans une éthique personnelle, tout est plus compliqué. Je dois trouver mon propre chemin pour être avec Dieu, trouver ma spiritualité, mon éthique, ma vision de la vie et de la foi. Bien sûr l’enseignement de Jésus m’aide à cela, mais il ne m’oblige en rien, il ne me force à rien. Il est là comme un indicateur que je cherche à faire vivre en moi.

Le Christ nous appelle à la liberté. Nous ne sommes pas tenus par des lois et des règles qui nous enserrent et qui nous disent ce que nous devons faire ou ne pas faire. Avec lui nous pouvons devenir des hommes et des femmes libres et autonomes face à Dieu. Nous pouvons respirer sans contraintes et nous réjouir qu’Il nous ait créés comme les partenaires de sa création.

 

 


La poésie d'Aurore Oppliger

Aurore Oppliger, épouse, maman, agricultrice à la Ferrière, est très engagée dans la vie des paroisses de l'Erguël. Elle prend sa plume chaque soir pour poser des mots simples, des mots justes, des mots qui touchent sur la situation actuelle.

 

Le Corona vit...

On croyait tout gérer
Un jour t'es arrivé

Venu de Chine, virus infime
Sommes devenus victimes

Invisible et minuscule
Tu te propages, tu bouscules !

Petit virus, nos vies basculent
Effets blocus, sommes ridicules !

Nos quotidiens sont perturbés
Combien de vies seront enlevées?

Impossible de prévoir nos demains
Tu remets en place l'être humain

Tu nous rappelles une nouvelle fois
Que nous n'avons pas tous les droits

Il y a des choses qu'on ne peut changer
Il y a des choses qu'on ne peut gérer

Même si c'est dur à digérer
Même si c'est dur à accepter

L'Invisible peut devenir géant
Pour écraser celui qui se croit grand

 

Aurore Oppliger, mars 2020


Sept merveilles de Pâques

Par Serge Médebielle, pasteur

Un jour, un professeur de géographie, protestant, demanda aux jeunes enfants de sa classe de faire une liste de ce qu'ils croyaient être les 7 merveilles du monde. Cela se déroulait dans une petite école cévenole – pays protestant - en France, pendant la dernière guerre.

Sauf quelques désaccords, ils écrivirent pour la plupart sur leur copie: les Pyramides d'Égypte ; la grande muraille de Chine ; le Taj Mahal en Indes ; les statues de l'Île de Pâques ; la tour Eiffel à Paris ; le Colisée de Rome ; la statue de la Liberté à New York.

Tout en recueillant les réponses, le professeur aperçoit une jeune fille bien discrète qui n'avait pas encore rédigée sa réponse. C’était une petite fille juive cachée comme d’autres dans cette école cévenole. Il lui demanda gentiment si elle éprouvait quelque difficulté à rédiger cette liste.

La jeune fille lui répond : « Oui, en effet ; je ne peux vraiment pas me décider, il y en a tellement. » Le professeur de lui répondre : « Écris ce que tu as trouvé, et je pourrai peut-être t’aider ».

La jeune fille hésite, puis commence à écrire : voir ; entendre ; toucher. Elle hésite encore un peu puis continue avec : courir ; rire ; aimer… et, après un petit silence, elle se lève, « ressuscite » au sens propre du terme et ajoute : croire.

Sept mots comme sept merveilles : voir, entendre, marcher, courir, aimer, croire : ce sont là des choses si « ordinaires » que nous en oublions que ce sont de merveilleux cadeaux de Dieu.

Pâques, c'est laisser transparaître dans l'ordinaire - où la banalité - de la vie des gestes humains qui reflètent la Résurrection : voir, entendre, toucher, marcher, courir, aimer, croire, n'est-ce pas d'ailleurs le vocabulaire des témoins de la Résurrection ?


La poésie d'Aurore Oppliger

Aurore Oppliger, épouse, maman, agricultrice à la Ferrière, est très engagée dans la vie des paroisses de l'Erguël. Elle prend sa plume chaque soir pour poser des mots simples, des mots justes, des mots qui touchent sur la situation actuelle.

Des fêtes de Pâques particulières

Chacun chez soi dans sa chaumière 

Les gens pourront chercher les œufs
Mais ils devront rester chez eux!

Pâques n'est pas qu'oeufs en chocolat
Pas qu'un simple jour dans l'agenda 

C'est une fête, une "Assurance Vie"
Qu'il viendra du beau après le gris

Pâques est une journée de Joie
Jésus a quitté la Croix

Il n'est plus sur la Croix,
Il n'est plus là, où on l'croit !

Son tombeau est ouvert
Il était mort hier !!

Un triste sort était pour lui
La mort vaincue! Rien n'est fini !

Vendredi Saint, sam'di chagrin
Dimanche matin, la joie revient 

Tout ça pour vous dire:
Qu'on va s'en sortir!

S'en sortir...oui...
Oui, mais sans sortir !!

Les beaux temps reviendront, c'est sûr 
Même si pour l'instant, c'est dur !

De cette crise, nous sortirons
Ensemble, nous y arriverons

Où sont nos responsabilités ?
Quelles sont donc nos priorités ?

Espérons que seront gardés
Les bons points qui ont découlés:

Toute la solidarité 
L'attentation à nos aînés 

Le soutien aux commerces locaux
Pour qu'ils ne coulent pas sous l'eau 

Les commis vers les producteurs 
Pour leurs heures de dur labeur 

Et tous ces moments en famille 
Prendre des nouvelles de ses amis 

Que cette Semaine Sainte
Atténue vos craintes !

Puissiez-vous garder le moral 
En cette période pascale

Car si en chœur, on se soutient
N'ayez pas peur, TOUT IRA BIEN !

AO/5.4.20


Samedi-Saint... un jour sans rien

Par Marco Pedroli, pasteur

Entre Vendredi-Saint et Pâques
Un jour vide, creux.
Rien ne se passe, les disciples sont enfermés, tétanisés.
Il est mort sur la croix
Et mis au tombeau.
Samedi,
Un jour sans rien,
Avec seul l'espoir ténu
D'une lumière à venir.
 
Un temps vide, creux.
Nous sommes enfermés dans nos appartements et nos peurs.
Dans une attente qui s'étire.
Samedi,
Entre les souffrances et les errances.
L'espoir de retrouver les nôtres
Et de pouvoir exprimer notre tendresse.
 
Tout semble s'être arrêté,
Sauf celles et ceux grâce à qui nous pouvons survivre.
Ils nous soignent, ils nous permettent de nous nourrir et de communiquer malgré tout.
Ils sèment tant de graines de solidarité et d'amour.
Dieu nous fait des signes d'espérance!
 
Demain ce sera Pâques.

Marco Pedroli


Innocence?

Par Serge Médebielle, pasteur

Il y a quelques jours, j’entendais à la TSR le témoignage de cette jurassienne présente au rassemblement « évangélique » de Mulhouse qui a de fait participé à la dissémination du coronavirus en France et par chez nous. Le journaliste lui demandant si elle ne ressentait pas une forme de culpabilité, la réponse fut simple et sereine : « Non ».

Avec des arguments du style : cela pouvait arriver ailleurs, ce n’est pas ma faute…

D’abord étonné d’une telle réponse et sans vouloir porter de jugement, j’ai ensuite repensé à ce texte du Premier Testament au Lévitique qui nous dit que lorsqu’un croyant commettait un péché par inadvertance, involontairement, il devait apporter un sacrifice expiatoire pour cette faute.

Pourquoi un croyant doit-il être sanctionné pour une erreur involontaire ? Pourquoi son comportement est-il considéré comme un péché qui doit être expié ? Le « sacrifice expiatoire » suppose en effet une faute à expier.

Une anecdote…Un homme se souvient que lorsqu’il était à l’école, certains camarades arrivaient en classe en prétendant qu’ils avaient oublié de ramener leurs devoirs. Le professeur demandait pourquoi ils oubliaient aussi souvent d’apporter leurs devoirs, mais ils n’oubliaient jamais de mettre leurs pantalons. Si la réponse elle-même fut mémorable, la leçon fut bien comprise : nous faisons toujours ce petit surcroît d’effort pour nous assurer que ce qui est important pour nous est effectué correctement ; nous y mettons notre cœur et notre volonté.

Il apparaît ainsi que la faute par inadvertance est le résultat d’un moment d’indifférence. Il est dès lors clair que la responsabilité d’un tel péché incombe au pécheur et, pour cela, il doit rechercher l’expiation.

Ce n’est donc pas parce que « nous n’avons pas fait exprès » que nous sommes innocents ou indemnes des conséquences de nos actes sur autrui.

L’un des sens du mot « sacrifice » (« hatat » en hébreu) signifie « manquer le but ».

Nous manquons tous le but et cela nous invite sans cesse à une certaine gravité, quelque soient les circonstances ou événements.

Laissons entrer en nous l’Humilité d’un Dieu qui, malgré sa Transcendance, réside dans « les cœurs contrits et humbles » (Esaïe 57, 15).

 

 

 


Les mots d'Aurore Oppliger

Aurore Oppliger, épouse, maman, agricultrice à la Ferrière, est très engagée dans la vie des paroisses de l'Erguël. Elle prend sa plume chaque soir pour poser des mots simples, des mots justes, des mots qui touchent sur la situation actuelle.


Pour celles et ceux qui se démènent

À sauver des vies humaines...

 

Pour ceux qui manquent d'oxygène

Atteints dans leurs voies aériennes...

 

Pour ceux qui sont en quarantaine

À vérifier toute leur hygiène...

 

Pour celles et ceux qui sont en peine

Qui ont perdu une vie humaine...

 

Pour ces jeunes sans cours durant des semaines

Pour ces parents qui courent à perdre haleine...

 

Pour ces restos fermés par centaines...

Pour ces patrons emplis de haine...

 

Foutu virus tel la gangrène

Il n'épargne aucun domaine

 

Combien faudra-t-il de semaines

Pour retrouver une vie sereine ?

 

Prions Dieu qu'il nous soutienne

En cette période incertaine

 

Amen